Découvrir

François Augiéras

François Augiéras

  • Francois-Augieras

François Augiéras

François Augiéras est le fils de Pierre Augiéras, un pianiste français renommé, et d’une mère peintre sur porcelaine d’origine polonaise. Pierre Augiéras, installé aux États-Unis pour raisons professionnelles, meurt d’une appendicite deux mois avant la naissance de son fils. Revenu en France quelques mois après sa naissance, François Augiéras passe son enfance seul avec sa mère. À Paris, qu’il trouve sinistre, il étudie au collège Stanislas. Il vit ensuite à Périgueux, où il s’installe à l’âge de huit ans. À l’âge de treize ans, à la bibliothèque municipale, il découvre André Gide, Nietzsche et Arthur Rimbaud.

Attiré par l’art, il quitte l’école à l’âge de treize ans pour suivre des cours de dessin. En 1941, il s’inscrit dans un des mouvements de jeunesse qui prolifèrent sous le régime de Vichy, mais dès 1942, il s’en détache pour devenir acteur dans un théâtre ambulant. Il s’engage, en 1944, au dépôt de la flotte à Toulon, puis passe en Algérie où il se retrouve à Alger. Il ne s’y attarde guère, pressé d’aller vers le Sud qu’il pense être son véritable pays, et où il rejoint son oncle Marcel Augiéras, militaire colonial en retraite, qui vit à El Goléa, dans le Sahara. Durant son séjour dans le Sahara, François Augiéras est abusé sexuellement par son oncle, découvrant à cette occasion ses propres penchants homosexuels.

Augiéras s’inspire de cet épisode pour écrire en 1949, Le Vieillard et l’Enfant, qu’il publie à compte d’auteur sous le pseudonyme d’Abdallah Chaamba. L’ouvrage retient l’attention d’André Gide qui, quelques mois avant son décès, rencontre le jeune écrivain après que ce dernier lui a envoyé deux lettres. Augiéras décrit plus tard un Gide manifestement ému par sa rencontre avec lui, et s’imagine comme le « dernier amour » du grand écrivain. Le Vieillard et l’Enfant est publié en 1954 par les éditions de Minuit et une rumeur prétend alors qu’« Abdallah Chaamba » est un pseudonyme posthume de Gide.

Solitaire et révolté, Augiéras multiplie les voyages, parcourant notamment l’Algérie et la Grèce, et faisant retraite au mont Athos. En 1957-1958, il participe à la revue Structure, que dirige Pierre Renaud à Paris, puis s’engage dans une compagnie de méharistes du sud algérien. Ses livres s’inspirent de sa vie mouvementée : lui-même écrit « J’ai accepté – ou appelé – de dangereuses aventures, toujours avec cette arrière-pensée : ça deviendra des livres ! ». D’un tempérament panthéiste, Augiéras évoque ouvertement dans ses écrits l’attirance sexuelle à la fois pour les garçons et les jeunes filles, mais également pour les animaux. Dans L’Apprenti sorcier, le seul de ses ouvrages qui ne soit pas directement autobiographique, il aborde le thème de la pédophilie.

En 1960, il épouse sa cousine Viviane de La Ville de Rigné, mais leur union ne dure pas et est officiellement dissoute neuf ans plus tard. En 1967, il achève le premier livre qu’il signe de son véritable nom, Une adolescence au temps du Maréchal et de multiples aventures. Les errances, la précarité, l’extrême solitude aggravent son état de santé. Les séjours à l’hôpital de Périgueux se succèdent. À la fin des années 1960, il réside un temps dans les grottes de Domme pour échapper aux conditions de vie dans les hospices, et y écrit sur des cahiers d’écolier. Son livre Domme ou l’Essai d’occupation, qu’il ne parvient pas à faire éditer de son vivant, est inspiré de sa vie dans les grottes.

Miné par la pauvreté et la malnutrition, prématurément vieilli par ses conditions de vie, il s’installe dans une maison de repos à Fougères, puis dans un hospice pour indigents à Montignac. Un voyage au Mont Athos est publié en 1970. Usé du cœur, François Augiéras meurt le 13 décembre 1971 à l’hôpital de Périgueux. Il est inhumé à Domme le 18. L’un de ses rares amis, l’instituteur Paul Placet, s’emploie ensuite à faire connaître l’œuvre d’Augiéras en organisant des expositions de ses peintures et en diffusant ses manuscrits.

Plusieurs ouvrages de François Augiéras, dont des recueils de correspondance, ont paru de manière posthume. En plus d’une œuvre littéraire, il laisse un ensemble de tableaux et des dessins, encore peu connus. L’un de ses biographes, Serge Sanchez, décrit l’œuvre littéraire d’Augiéras comme « une fresque spirituelle qui prend racine dans sa vie même ».

 

 

Vous aimez Sarlat?

Vous aimez Sarlat et le Périgord! Partagez vos coups de Cœur sur le compte Facebook d’I love Sarlat, le réseau des amoureux de Sarlat et de l’esprit Périgord !